Retraites : 40 ans c'est déjà trop !


Que veut-on faire du 23 mars 2010 ?

S'il s'agit de faire une fois de plus des grèves sautes moutons, n'aboutissant à aucun résultat notoire, alors FO COM avec sa Confédération, répond défavorablement à des actions qui mènent les travailleurs dans le mur.
Or, nous avons bien mesuré la volonté réelle de certaines organisations syndicales, concernant le projet de loi (devenu loi aujourd'hui) sur la privatisation de La Poste.  Pour nous FO COM, comme en novembre 2009, nous répétons que seule la grève jusqu'à la satisfaction des revendications sera de nature à obtenir l'abrogation de cette loi.
Il en est de même à France Télécom où depuis le début du mois de janvier (7 nouveaux suicides...). Il est inadmissible que de véritables mesures n'aient toujours pas été prises. Seule une déclinaison de l'Accord National Interprofessionnel (ANI) sur le stress, pour une véritable prévention des risques psychosociaux, permettrait de sortir de la grave crise sociale traversée.
Il en est de même pour nos camarades des entreprises qui subissent des plans sociaux, des restructurations, avec des salaires insuffisants tant dans les minimas, que dans la grille hiérarchique.
Il y a donc bien matière à organiser une véritable « bagarre » pour faire fléchir nos patrons et le gouvernement. Il faut le faire sur la base de revendications claires, c'est l'essentiel avant de prôner l'unité syndicale.
Mis sous silence pendant cette période électorale régionale, nous savons que le gouvernement va ensuite, rapidement, lancer le dossier retraite. Les déclarations du gouvernement et du patronat sont totalement claires. En résumé, il s'agit - au minimum - d'allonger la durée de cotisation, de remettre en cause le calcul basé sur le salaire des 6 derniers mois, et il n'est pas à exclure une augmentation du taux de la cotisation salariale, etc.
Notre 21° Congrès national FO COM a rappelé très clairement les orientations adoptées au Congrès Confédéral de Lille :
  • le maintien du droit à la retraite à 60 ans ;
  • l'arrêt de l'allongement de la durée de cotisation : 40 ans c'est déjà trop ! et le retour aux 37,5 annuités ;
  • un taux de remplacement correspondant à 75 % ;
  • le retour à la référence aux 10 meilleures années pour le privé et le maintien de celle aux 6 derniers mois pour le secteur public, avec prise en compte des rémunérations accessoires ;
  • la revalorisation des retraites indexée sur les salaires ;
  • la redéfinition et la prise en compte de la pénibilité notamment par l'ajout de trimestres de cotisation supplémentaires ;
  • le maintien des droits familiaux et conjugaux ;
  • l'attribution des pensions de réversion sans condition de ressources.
Et la question du financement ?

Il est tout à fait possible de financer les retraites :
  • taxation des profits non réinvestis (une taxe de 5%, c'est 5 milliards d'euros) ;
  • compensation intégrale des exonérations de cotisations dont bénéficient les entreprises (1 milliard d'euros) ;
  • cotisations retraite sur l'intéressement et la participation (3 milliards d'euros) ;
  • augmentation des salaires (1% c'est 0,65 milliard d'euros) ;
  • hausse des cotisations (1% c'est 4 milliards d'euros) ;
  • 1 million d'emplois supplémentaires, c'est 3 milliards d'euros de cotisations sociales.
ALORS direz-vous...

Le Congrès a réaffirmé que l'unité d'action ne peut exister que s'il y a des appels convergents concernant les revendications. Force est de constater que le 23 mars, les conditions ne sont pas réunies, et qu'il s'agit pour les 5 organisations signataires de cet appel, de préparer les prémices probablement d'un 1er mai « dit unitaire » sur tout et rien.
Notre Confédération a raison de ne pas s'être associée à cet appel, tout comme elle a raison de rappeler que nous sommes toujours disponibles pour une action commune sur des revendications et modalités d'actions claires. Il n'est pas question de s'engager sur des manifestations à répétition, car nous savons que cela conduit seulement à encadrer les salariés, et finalement, laisser passer les contre réformes.
La Fédération FO COM entend prendre toutes ses responsabilités. Partout, dans tous les services, elle appelle ses militants à mobiliser les personnels :
  • sur le dossier des retraites les arguments FO (voir argumentaire dans les UD),
  • contre la privatisation de La Poste, et donc de débattre avec les collègues pour l'abrogation de la loi instaurant la S.A.,
  • à revendiquer la mise en place de réelles dispositions pour stopper la souffrance au travail,
  • pour l'ouverture de véritables négociations sur les salaires et les grilles.

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