Le président de la République et La Poste : engagements de principe et ambiguïtés


Après le prologue contreproductif de son discours vosgien sur La Poste, le président de la République a précisé ses vues lors d'une réunion réunissant à l'Elysée des responsables syndicaux, politiques et associatifs. Jacques Lemercier représentait Force Ouvrière.

M. Sarkozy a confirmé son souhait de voir La Poste transformée en « société à capitaux 100% publics ». Cependant, dans le débat qui a fait suite à son intervention liminaire, il a renvoyé au législateur le soin de statuer définitivement sur ce sujet. Cette réserve renforce les doutes de Force Ouvrière. L'incertitude qui plane sur la décision finale du Parlement obère cette avancée théorique même si nous sommes loin du projet initial prévoyant l'entrée en bourse et l'actionnariat populaire...

S'agissant de La Banque Postale, le président de la République n'a pas contredit M. Bailly qui, en séance, a assuré que le capital de la banque resterait intégralement détenu par La Poste. FO ramène cette volonté d'arrimage à sa juste proportion dans la mesure où l'article 16 de la loi du 20 mai 2005 permet à La Poste d'ouvrir la moitié du capital de La Banque Postale...

FO regrette que la question de l'accessibilité bancaire n'ait pu être abordée. En effet, son simple cantonnement au Livret A ne saurait répondre à l'enjeu social qu'elle représente.

Aux yeux de FO, le problème essentiel reste celui du financement des missions de service public. M. Sarkozy s'est dit favorable à un financement pérenne assuré par des fonds publics. FO estime que cette déclaration de principe ne résout en rien la question concrète du financement des dites missions.

Au final, FO considère que si des pistes intéressantes ont été esquissées, la « sociétisation », même étatique, est une épée de Damoclès. Le moment venu, rien n'empêcherait, après la privatisation juridique, le glissement vers la privatisation économique.

Pour FO, le « moment présidentiel » marque une phase importante mais non décisive du processus concernant l'avenir de La Poste. FO est convaincue que l'intensification du débat public sous toutes ses formes, autour des salariés et de l'ensemble de la population, sera déterminante. Elle réitère son appel à la plus large mobilisation pour la journée de grève et de manifestation du 29 janvier 2009.

Parallèlement, elle appelle à poursuivre le travail de rassemblement et de débat menant à un référendum sur le service public postal.

Paris, le 19 décembre 2008

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