L'édito du Secrétaire général

Par Jacques Dumans


Cachez ce dialogue social que je ne saurais voir !

Cette formule est plus que jamais d'actualité dans nos entreprises où le dialogue social se résume à un dialogue de sourds. Dans toutes les instances où patrons et syndicats se rencontrent, la concertation et la négociation ont laissé place à la discussion stérile...  Rencontres, commissions et autres comités d'échange ont fleuri ces dernières années pour occuper l'espace social et non pas pour régler les vrais problèmes. Rien de concret n'en sort.
Pire, ces « machins » ne servent que la politique de communication de nos dirigeants. À La Poste comme à France Télécom, les textes proposés sont souvent creux quand ils ne se bornent pas à présenter, avec des artifices de style, ce qu'impose déjà le Code du travail ! Personne n'est dupe, il n'y a rien de concret à négocier. À La Poste, la chute des volumes du courrier constitue un alibi en or, véritable parapluie anti-atomique à toute évolution sociale.
Les Nostradamus aux commandes gémissent et se lamentent : « C'est la catastrophe, les cohortes barbares venues du nord et de l'est nous concurrencent, il va falloir s'y préparer, nous avons pris du retard, donc il y aura moins de promotions et plus de productivité... »
À France Télécom, ce ne sont pas les hordes sauvages hollandaises et allemandes qui font peur mais les marchés. Il faut redistribuer aux actionnaires un dividende substantiel pour leur faire passer la pilule de l'effondrement des cours, dû à la gestion catastrophique des dirigeants précédents naguère présentés comme les Mozart de la finance ! Malheureusement, les salariés paient toujours cash, la souffrance au travail est là pour en témoigner.
Allons, renvoyons ces tartuffes à leurs tableaux Excel, leur seule vraie passion ! Nous attendons des nouveaux dirigeants qu'ils intègrent enfin le fait qu'une entreprise, ce sont aussi des hommes et des femmes qui voudraient continuer à « aimer » leur boite. À condition que celle-ci, en retour, leur prouve au quotidien qu'ils existent un peu, rien qu'un petit peu !


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