Commission Ailleret : Un rapport de commande



Les organisations syndicales CFTC, FO-COM et SUD PTT, après lecture concertée du rapport Ailleret sur l'avenir de La Poste constatent :
  • Que  la commission Ailleret, créée haut le pied pour répondre à la mobilisation contre la privatisation de La Poste, pour un débat public et un référendum, a été largement instrumentalisée par l'Etat.
  • Que le rapport de cette Commission est quasi intégralement conforme au projet de La Poste, évoluant au gré de la communication du groupe, de l'aggravation de la crise et des déclarations discordantes de divers membres et proches du Gouvernement et de la présidence de la République.
  • Que les débats n'ont pas été sereins au sein de la Commission, sous la pression constante d'une campagne de promotion du projet de privatisation de La Poste par ses dirigeants, à tel point que des représentants des personnels ont ajourné provisoirement ou définitivement leur participation aux travaux. Aucun des sujets du dossier n'a été mis aux voix ce qui relativise la notion de « majorité » des participants favorable au projet.
  • Que le travail et les contributions fournis par les organisations syndicales CFTC, FO COM et SUD PTT n'ont pas été pris en compte (notamment sur les financements alternatifs, partenariats, innovation et modernisation, évaluation et gestion transparente des fonds alloués aux missions de service public, etc.).
  • Que dans tous les cas, la satisfaction des besoins des usagers de La Poste ne fait pas partie des objectifs  du projet retenu, orienté sur la vision d'un « business » postal basé sur la productivité (omniprésente dans le texte) au détriment de la solidarité et de l'égalité de traitement de la population.
  • Que l'aspect social à La Poste est présenté sous un angle idyllique, chose inacceptable  dans un établissement où plus de 43 000 emplois ont été supprimés ces trois dernières années et où l'inégalité salariale règne toujours entre des agents de statuts différents.
  • Que l'objectif premier du projet est de mettre à bas le statut d'établissement public de La Poste, gage non négociable pour nous de la pérennité des missions de service public de La Poste.
En conséquence, les organisations syndicales signataires de ce communiqué dénoncent et rejettent avec vigueur la vision d'avenir de cette commission et sont confortées dans leur mobilisation contre la privatisation, pour un débat public et pour un référendum sur le service public postal.

Paris, le 10 décembre 2008.

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