8 mars : Journée de la femme
Ses origines
Mythe ou fait historique, les origines de la journée du 8 mars ne découlent pas d'un élément unique, mais s'inscrivent dans un long processus de luttes, de revendications et de débats. Deux références sont toutefois à considérer : une personnalité et un mouvement ouvrier.
- Une personnalité
C'est à Clara Zetkin (1857-1933), journaliste allemande et militante socialiste, que nous devons de célébrer une « Journée de la femme ». C'est elle, en effet, qui lance l'idée d'une journée internationale des femmes lors de la 2ème Conférence internationale des femmes socialistes, à Copenhague en 1910, consacrée prioritairement à la lutte pour le vote des femmes. La résolution adoptée fixe la date au 8 mars et donne d'emblée une dimension internationale à cette journée.
Dès l'année suivante, les femmes seront un million à manifester dans toute l'Europe.
- Un mouvement ouvrier
La deuxième référence fait remonter les origines de la journée de la femme au 19ème siècle et plus particulièrement à la grève déclenchée à New York le 8 mars 1857 par des ouvrières des usines de textile qui descendent dans la rue pour revendiquer de meilleures conditions de travail (la journée de 10 heures, des crèches et un salaire égal à celui des hommes) et auxquelles la police s'est violemment opposée.
Toutefois, cette hypothèse a été remise en cause en 1982 par les travaux de deux historiennes françaises qui révèlent que ces évènements n'ont jamais eu lieu. Il s'agirait d'une invention qui n'aurait eu d'autre but que d'ôter à la journée du 8 mars sa réputation de fête communiste et de lui donner des racines américaines.
Son développement
De revendication pour le droit de vote, le combat s'élargit. Le 23 février 1917 du calendrier grégorien, correspondant au 8 mars 1917 du calendrier julien, les ouvrières manifestent en masse dans les rues de Saint-Pétersbourg pour réclamer du pain et le retour de leurs maris partis au front.
En 1921, Lénine choisit la date du 8 mars pour célébrer la Journée internationale de la femme. Il est suivi par la Chine en 1924.
Puis la célébration de cette journée fait son chemin de façon progressive un peu partout dans le monde. En 1946, elle est célébrée dans les pays du bloc de l'Est, les communistes français suivant en 1948. En 1971, c'est au tour du Québec.
En 1977, les Nations Unies officialisent la « Journée internationale des Femmes ». En France, ce n'est qu'en 1982 qu'elle prend enfin un caractère officiel.
Certains pays l'ont même décrétée four férié : le Burkina Faso, l'Algérie, le Laos, la Russie, l'Ukraine, l'Arménie, le Kirghizistan et la Biélorussie.
Un symbole ou une nécessité ?
Plus qu'un symbole, la journée du 8 mars est d'abord l'occasion de rappeler que le combat des femmes pour l'égalité (sociale, économique, professionnelle, éducative, culturelle...) porte ses fruits chaque année un peu plus et que la condition des femmes dans le monde s'améliore. Mais l'arbre ne doit pas cacher la forêt ; ce combat n'est pas terminé ; rien n'est jamais totalement ni définitivement acquis. Certes, l'égalité juridique et législative existe dans nombre de pays. Mais il s'agit d'une égalité de droit ; l'égalité dans les faits reste encore trop souvent à conquérir.
En outre, des problèmes majeurs subsistent tels que le poids persistant de la pauvreté sur les femmes, la violence à leur encontre (violence conjugale, pratiques culturelles traditionnelles : excisions, mariages forcés, etc.), l'accès inégalitaire à l'éducation, à la formation ou à la santé, la persistance d'une image dévalorisante...
Symbole et nécessité, la Journée internationale des femmes doit donc être l'occasion d'établir un bilan, d'identifier les difficultés rencontrées et de réfléchir aux moyens propres à les résoudre. Le 8 mars est en quelque sorte la partie visible et souvent médiatique de l'iceberg du « combat pour l'égalité », la partie invisible et néanmoins essentielle étant constituée des 364 autres jours de l'année !
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